Le coffre de la voiture se referma dans un bruit sourd. Marnie déposa ses bagages sur les cailloux, devant ses pieds, et se mit à contempler le gigantesque batîment. La femme qui l'accompagnait ferma la voiture et se dirigea vers le péron. L'adolescente reprit ses valises et la suivit.La représentante se pencha vers l'interphone :
- Elle est arrivée.Un buzz sourd fit ouvrir les grandes portes de l'orphelinat. La jeune femme fit signe à Marine de la suivre, elle s'executa. En arrivant dans le hall tout était horriblement silencieux. L'adolescente ne ce sentait déjà pas à l'aise, il y avait ici quelque chose ... d'étrange. Elles passèrent devant plusieurs classes, les élèves y étaient assis en silence, certains récitaient des poésies, les professeurs avaient l'air particulièrement strictes. Marine s'arrêta devant un long couloir blanc, les lumières de certaines salles étaient allumées et des femmes en blouse blanche passaient de temps en temps. C'était sûrement un petit hôtpital, une infirmerie. La représentante emmena Marine au 2ème étage, il y a avait sa chambre dans un couloir à droite. L'adolescente y déposa sa valise et s'asseya sur son lit.
-
La cantine n'ouvre qu'entre midi et deux heures.-
Bien, je ne mangerai peut-être pas mais...-
Vous êtes obligée de venir y manger. Nous y faisons l'appel toutes les heures, si quelqu'un est absent, c'est une heure de colle.-
B-Bien. J'y serai alors.La représentante referma la porte et l'adolscente se laissa tomber en arrière sur les coussins blancs de son nouveau lit. Elle regarda le petit écran de son téléphone, il était encore onze heures et quart elle avait le temps de faire une sieste, le temps de s'habituer à l'odeur lavande des nouveaux draps.
- Marine !
- Ameii ...
- Bah, qu'est-ce qui n'va pas ?
- Oh, rien ...
L'elfe regarda Reina, l'Ange de la tristesse, elle était perchée sur le saule pleureur et leur tournait le dos. Ameii frotta le dos de Marine avec sa petite main et lui sourit en disant :
- Tu veux que j'appelle Naime ?
- ... O-Oui, s'il-te-plait.
- Bien.L'elfe se leva, elle resentit comme un léger frisson et alla chercher la robotique amie de Marine. Pendant ce temps, l'adolescente observa l'ange Reina sur l'arbre, elle avait perdu sa couleur, son blanc n'avait plus autant d'éclat qu'avant, le noir de ses cheveux ternissait, elle tourna la tête. Marine vu le bleu de ses yeux sous cette nouvelle frange, ils devenaient de plus en plus fades, l'ange la vit la regarder, elle s'envola sans mot dire. La jeune femme baissa la tête.
Ameii revint avec Naime, cette dernière se dépêcha d'aller rejoindre Marine au bord de l'eau.
- Elle aussi ?
- Oui. Ma mère aussi.L'adolescente fixa la branche où s'était installée Reina, des larmes commençait à se former au coin de ses yeux, elle se retenait, Naime le resentait. Le robot roux la prit dans ses bras, Marine laissa libre cours à ses larmes et ne quitta pas la branche des yeux.
Marine fut réveillée par une douleur atroce au poignet droit. Il n'y avait ni sang, ni bleu. Elle descendit du lit en se tenant la main, la douleur disparue d'un seul coup. Elle en profita pour regarder son portable, il était à peine midi. Marine inspecta son poignet une dernière fois et fila dans le couloir. Elle était seule, en refermant la porte elle eut une sorte de "flash" : Une femme au teint pâle, vêtue de violet et de noir, tirant un bracelet à perles rouges à son poignet droit. Elle la regardait, ses yeux étaient comme du verre, du verre terni avec le temps. Marine se recula brusquement de la porte et commença à courir dans les couloirs, vérifiant si "elle" ne la suivait pas à chaque intersection. Elle passa devant un groupe de cinq jeunes filles un peu plus grandes qu'elle.
- Hey, ce n'serait pas la nouvelle ?
- Ouais, il parait qu'elle a des hallu', elle est complètement folle.
- Han, elle a l'air, ouais.L'adolescente s'arrêta. Une jolie fille blonde, au yeux bleu pastel s'avança vers elle. Elle mit sa main sur l'épaule de Marine, celle-ci se retourna brusquement et vis la peau blanche de la jeune fille. On aurait dit une poupée de cire. L'inconnue enleva sa main et la passa dans ses longs cheveux.
- Alors, la nouvelle, qu'est-ce qui t'amène ici ?
Marine ne pu répondre, elle jeta un coup d'oeil vers les amies de son interlocutrice, ces dernières riaient d'elle.
- Elle a peur on dirait !
- Elle a été hypnotisée par ton charme, Lucile !Elle ne leur répondit pas et sourit. Marine ne bougeait pas. Lucile mit sa main dans les cheveux de l'adolescente et les décoiffa.
- Tss ... Pauvre clocharde.Elle parti, suivie de prêt par son groupe. L'orpheline resta au milieu du couloir, ferma les yeux, et se laissa tomber à genoux sur le carrelage glacé. Elle baissa la tête et la mit entre ses mains.
La première sonnerie de l'après-midi retentit à treize heures. Marine ouvrit les yeux, elle était encore dans le couloir. Elle se leva et inspecta les environs : Personne à l'horizon. Mais en se dirigeant vers le réféctoire, deux garçons l'arrêtèrent.
- Oooh la nouvelle !
- Eh oui, les ragots passent vite ici !
- Tu veux jouer à un p'tit jeu ?En voyant la croix que l'un des garçons portait au cou, Marine eu un nouveau "flash" : La même femme que tout à l'heure était en train de placer son bracelet autour de sa main gauche, fixant l'adolescente de son regard de verre. La jeune fille ne sentit plus sa main gauche à ce moment-là. Elle la vit prendre un garçon au cou et le pousser sur son ami. Marine s'éloigna, mit son autre main sur sa tête et ferma les yeux pour tenter de reprendre ses esprits, mais revit la femme bougeant son bras de la même façon que celui de Marine. Elle ouvrit les yeux, les deux garçons la regardèrent avec colère.
- MARINE ARRÊTE !C'était la voix de Naime, l'adolescente se figea. Elle avait les yeux grands ouverts, sa main se laissa retomber, elle la sentait à nouveau. Les adolescents en face d'elle partirent à toute vitesse. La voilà, seule, au milieu de ce long et froid couloir. Quelle était cette sensation qu'elle venait d'éprouver ? Pourquoi ne pouvait-elle plus se contrôler ?
Qui était cette femme ?[ ... ]